Love on demand

La genèse (ça fait sérieux n’est-ce pas?) de cet article réside en partie dans la dernière pub du site de rencontres Parship. Celle qui vante qu’ils “comparent 30 points de votre personnalité” pour voir s’ils vous trouvent des affinités avec quelqu’un. Ca parait logique, les agences matrimoniales faisaient de même, ça “tombe sous le sens”.  Il parait que “Qui se ressemble s’assemble”. Du coup, on fait croire aux âmes en peine qu’on peut vous trouver l’amour en croisant des données, et que ça sera forcément le bon pour vous, allez inscrivez-vous, baise ou amour garanti. Mais être similaire, ça ne fait pas tout.

C’est sans doute plus le fait que ça soit un business qui me répugne un peu… C’est dérangeant de se dire que laisser au hasard n’est plus à la mode, et qu’en payant un peu on se procure l’amour. On est un peu des putes, en fait.

Pourtant, ça marche. Beaucoup s’y rencontrent. Deviennent heureux. Se marient. Etc. Rien qu’on ne puisse blâmer. D’ailleurs, je dois admettre que je crache un peu dans la soupe : j’ai rencontré mon amoureux sur le désormais fameux (mais pas vraiment à l’époque) site adopteunmec. Qui n’était fort heureusement pas payant. Faut pas se foutre de ma gueule.

Mais donc il faudrait faire un peu la différence. Le business de l’amour on demand est comme les autres : modelés par le marketing, avec des stratégies cousues de fil blanc et une bonne propension à faire mirer le beau contre paiement. De l’autre côté, il y a les couples qui s’y rencontrent (je parles des couples “solides”, je ne dirais rien sur ceux qui baisent grâce à ça, pas par mépris, mais parce que c’est pas mon rayon), et le regard qu’on leur réserve.

Le fait que cette industrie soit méprisable fait elle des couples par internet des sujets de mépris? Ben, oui. Il parait que c’est accepté par tous, que c’est moderne, que tout le monde l’a fait, que c’est normal, qu’il n’y a plus rien de choquant.

Oh rly? Moi j’ai souvenir des “Nan, sérieux?” mi-intéressés, mi-méprisants, des regards comme si j’étais un peu une bête curieuse, comme si finalement je n’étais qu’une paumée qui n’avait plus que ça auquel se raccrocher pour sortir du célibat. Comme si dans le grand désespoir de ma vie sans intérêt et pathétiquement solitaire je m’étais décidée à me mettre sur un site de rencontres. Ce qui fait de moi une paumée, cqfd. D’ailleurs dans les débuts, entre dire que j’avais rencontré mon copain sur internet et dire que je “sortais avec un mec sur internet”(vous savez, le collège, les débuts de la messagerie instantanée etc), yavait pas grande différence dans l’esprit des gens. Même que j’avais honte de le dire des fois. C’est con, hein?

J’ai des amis, une vie sociale, et des coups de tête aussi, comme “tiens ce site, lol, si j’allais voir?”. Things happen, me voilà depuis 7 mois avec un garçon qui trainait là, lui aussi un peu par hasard.

Alors voilà. Il y a du méprisable dans le principe des sites de rencontre. Et du non-méprisable. Suffit de pas faire l’amalgame.

En tout cas : Charlie Winston. Rien à rajouter.

~ par Sélène le 8 janvier, 2009.

Une réponse to “Love on demand”

  1. Bonne année Sélène ! Je t’ai rendu un p’tit hommage afin de chauffer mes lecteurs par ce grand froid !

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