Lui et moi. Moi et lui. Un “Nous” naissant à l’époque.
Ça faisait presque un mois que nous étions ensemble. Les sentiments se développaient, le “je t’aime” était proche. Mon premier amour, celui avec lequel je savais que ça allait durer. Je ne me suis pas trompée jusqu’ici. J’étais vierge, lui pas. Enfin, “baiser”, oui ça lui était arrivé quelques fois. “Faire l’amour” c’était autant une première pour lui que pour moi.
C’était en début juillet, j’avais réussi à m’échapper de la mère poule pour 3 jours chez lui. Je savais que ça serait ce soir-là. Je savais que j’étais prête. Il ne s’en doutait pas, il voulait respecter l’attente qu’il pensait nécessaire pour moi. Juste attendre d’être sûre qu’il serait le “bon”. Mais je le savais déjà.
Je m’étais réservée pour lui. Pas pour lui en particulier, mais pour celui qui le mériterait. Mes expériences précédentes étaient toujours courtes, des histoires fulgurantes, du sexe mais pas jusqu’au bout. Quelque part aussi l’impression qu’une partie de moi se faisait violer quand ses garçons descendaient la main vers mon sexe de leur propre initiative. Comme un malaise. Mais lui attendait toujours. Me demandait la permission parfois, ou attendait patiemment que je lui fasse comprendre que oui, je désirais ardemment qu’il fasse ceci ou cela. Je gérais la situation. Quand on a quelque chose d’aussi important que sa virginité à préserver, on peut bien se permettre d’être un peu control-freak, non?
Le premier soir où je dormais chez lui… Il était tard, on rentrait de la soirée où j’ai rencontré ses meilleurs amis. Il ne le pensait pas, mais je ne tenais plus. Parce que j’avais beau m’être dit avant de le rencontrer “mouais mieux vaut attendre quand même, pas envie de regretter”, j’étais déjà très intéressée par la chose. Vicious virgin, en somme. Alors j’avais hâte. Hâte de découvrir cette chose qui obnubile tous ceux qui l’ont “déjà fait”.
Des baisers passionnés. On s’allonge. On se déshabille. Ça s’éternise un peu. Je me dis qu’un murmure lui fera sans doute savoir clairement… “J’ai envie de toi” glisse dans son oreille. “… T’es sûre? Sûre sûre?” Mais oui grand nigaud, si jte ldis c’est que je veux pas dormir tout de suite! jvous jure. Je suis un peu paralysée, j’ai hâte autant que j’appréhende. Mais dans la pénombre de sa chambre, où il n’y a que lui et moi, je suis en confiance.
Pause capote. Il tente de rentrer. Trois centimètres passent. Et moi je pense “OMG mais c’est pas possible il a tout rentré là!!” J’ai mal, il est un peu coincé dans le truc méga tight qui me sert de vagin à ce moment là. “Ca va?” “Oui, oui, t’inquiète…” dans ma tête ça donnait plus “AIEUH!” qu’autre chose mais bon… C’est étrange comme je me souviens de cette douleur, cet élargissement dans mes reins. J’avais mal, alors j’ai eu peur. Peur de m’être trompée. Serais-je en train de faire une connerie? Ce garçon faut-il ce que je lui offre là? Alors, j’ai demandé. C’est la meilleure manière de savoir. “Tu m’aimes?” “Oui!” “Jure-le moi!” “Jte ljure je t’aime!”. Je sais, c’était pathétique de ma part, et ça devait être étrange pour lui. Mais j’en avais besoin. J’avais déjà un peu moins mal, ça commençait à passer, même si ctait toujours pas le Grand Canyon.
Il a fini. A jeté la capote. J’ai vérifié fébrilement si j’avais taché les draps. Rien. Il est revenu me prendre dans ses bras. Et moi, comme une conne, j’ai pleuré. Pas de tristesse, ni de douleur. Juste d’émotion, parce que je réalisais ce qui venait de m’arriver, et ce que ça représentait pour moi. Parce que c’est le moment que l’on n’oublie jamais, et je l’avais réussi. Il s’inquiétait de mes larmes, je le serrais encore plus fort. Je sentais encore un peu les crampes, mais je m’en foutais. Des câlins, longtemps.
On éteint la lumière. Petit à petit, je commence à trouver que la sensation qui est restée dans mes reins n’est pas si désagréable… Voire même douce. Alors, cette nuit-là, à quatre reprises je suis revenue vers lui. Il faut croire qu’il m’en a fallu peu pour y prendre goût
Dire je t’aime, c’est pas toujours facile, en particulier pour les gens comme lui qui ne disent rien à la légère. Mais le dire avec son corps, c’est autrement plus aisé…
Mon expérience peut paraître banale, peut-être niaise pour celles qui se glorifient d’un multiplicité de partenaires depuis leurs 14 ans. Je ne suis pas une ardente défenseuse du couple unique dans une vie. Je ne suis pas religieuse. Je ne suis pas une sainte-nitouche mièvre et idéaliste. Je sais juste reconnaître à sa juste valeur l’expérience magique que j’ai vécue et que je vis toujours avec lui aujourd’hui…
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